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Bon de transport : qui peut se faire rembourser un taxi ou un VSL

Le bon de transport est le document médical qui déclenche la prise en charge d'un taxi conventionné, d'un VSL ou d'une ambulance par l'Assurance Maladie. Sans lui, ou sans l'accord préalable quand il est exigé, le trajet reste entièrement à la charge du patient.

Lecture : 6 minMis à jour le 2026-09-22

Bon de transport : qui peut se faire rembourser un taxi ou un VSL

Le bon de transport, un document médical avant tout

Le bon de transport (aussi appelé prescription médicale de transport) est le document signé par un médecin qui ouvre le droit à une prise en charge, totale ou partielle, d'un trajet en taxi conventionné, en VSL ou en ambulance. Sans ce document rempli avant le trajet, sauf urgence, la caisse peut refuser tout remboursement. C'est le principe rappelé par ameli.fr : le transport assis professionnalisé est pris en charge sur prescription médicale.

Ce bon précise trois choses : le motif médical du déplacement, le mode de transport jugé nécessaire par le médecin (taxi conventionné, VSL ou ambulance) et, le cas échéant, la fréquence des trajets si le traitement se répète.

Qui a droit à un bon de transport

Le droit au bon de transport dépend de la situation médicale du patient, pas de son souhait de confort. Voici les cas les plus fréquents :

SituationBon de transportRemarque
Hospitalisation (entrée ou sortie)OuiPrescrit par le médecin hospitalier ou traitant
Affection de longue durée (ALD), soins liés à cette affectionOuiPrise en charge souvent renforcée, à vérifier auprès de la caisse
Traitements répétés (dialyse, chimiothérapie, radiothérapie, séances de rééducation lourde)Oui, en sérieAccord préalable fréquemment demandé
Consultation ou examen ponctuel sans ALD ni hospitalisationRarementLe médecin évalue au cas par cas
Transport de confort, sans motif médicalNonReste intégralement à la charge du patient

Dans tous les cas, c'est le médecin qui décide de prescrire ou non le transport, et sous quelle forme. Le patient ne peut pas choisir lui-même de faire financer un taxi par la caisse en dehors d'une prescription.

Cas particuliers à connaître

Certaines situations méritent une attention particulière au moment de demander le bon de transport :

  • Personne âgée en perte d'autonomie se rendant à un accueil de jour ou à des séances de rééducation régulières : le médecin traitant évalue si un bon en série est justifié.
  • Personne en situation de handicap dont le déplacement est lié à un suivi médical (et non à un motif scolaire ou professionnel) : la prescription suit les mêmes règles que pour tout autre patient.
  • Grossesse pathologique : certains trajets liés à un suivi renforcé peuvent être prescrits, sur décision du médecin ou de la sage-femme suivant la patiente.
  • Sortie d'hospitalisation : le bon est en général établi par l'équipe médicale de l'établissement avant la sortie, pas par le médecin traitant.
  • Mineur : le trajet peut inclure l'accompagnement d'un parent, à préciser sur la prescription si le transporteur le demande.

Quand l'accord préalable est en plus nécessaire

Certains transports, même prescrits, doivent recevoir l'accord préalable du service médical de la caisse avant d'être remboursés. Selon ameli.fr, ce contrôle vise notamment :

  • les trajets sur une longue distance, le seuil exact étant fixé par l'Assurance Maladie et pouvant varier selon les situations,
  • les transports en série pour un même traitement, quand leur nombre dépasse un certain seuil sur une période donnée,
  • le recours à un mode de transport coûteux (ambulance) alors qu'un mode plus léger pourrait suffire,
  • certains trajets en avion ou en train pour des soins éloignés du domicile.

Dans ces cas, le médecin envoie la demande à la caisse avant le premier trajet. Tant que la réponse n'est pas arrivée, le patient avance généralement les frais, sauf urgence médicale attestée, où le transport est engagé immédiatement et la prescription régularisée après coup.

Taxi conventionné, VSL ou ambulance : qui décide et sur quels critères

Le mode de transport n'est jamais un choix de confort, il découle de l'état du patient au moment du trajet.

ModePour quel patientParticularité
Taxi conventionnéPatient autonome, capable de monter seul dans le véhiculeVéhicule signé sous convention avec la caisse primaire, tarifs négociés
VSL (véhicule sanitaire léger)Patient ayant besoin d'aide pour se déplacer ou s'installer, sans surveillance médicale continueConduit par un auxiliaire ambulancier, brancard non nécessaire
AmbulancePatient devant rester allongé, sous surveillance, avec matériel médical à bordÉquipage à deux, tarification plus élevée

Le taxi conventionné est le mode le plus courant pour un patient qui se rend seul à une consultation, un examen ou une séance de traitement, et qui n'a pas besoin d'assistance particulière. C'est aussi le mode le moins coûteux pour la collectivité, donc le plus souvent prescrit par défaut quand l'état du patient le permet.

Combien reste à charge pour le patient

Les tarifs des taxis conventionnés sont fixés par convention entre les syndicats de taxis et la caisse primaire, ils ne sont donc pas identiques partout en France. À titre d'ordre de grandeur observé, un trajet court en zone urbaine tourne souvent entre 15 et 35 euros, et grimpe avec la distance et les éventuels suppléments (attente, nuit, dimanche). Ces montants sont des repères, pas un tarif officiel : le prix réel dépend du département et de la convention locale.

Sur ce montant, la prise en charge de l'Assurance Maladie couvre une partie du tarif conventionné, généralement une majorité de la somme selon les indications d'ameli.fr, le solde étant à la charge du patient ou de sa complémentaire santé. Deux situations changent la donne :

  • le patient en ALD, pour un transport lié à cette affection, est souvent pris en charge à 100 %,
  • le patient sans mutuelle ou avec une mutuelle qui ne couvre pas le transport garde à sa charge la part non remboursée, appelée ticket modérateur.

Le tiers payant évite d'avancer les frais : le taxi conventionné facture directement la caisse (et la mutuelle si elle est raccordée), le patient ne règle que sa éventuelle part restante, voire rien du tout.

Erreurs qui font perdre le remboursement

Le refus de prise en charge tient rarement à un problème avec le professionnel de transport, il vient presque toujours d'un document manquant ou d'un ordre des étapes non respecté :

ErreurConséquence
Réserver le taxi avant d'avoir le bon de transportRefus de remboursement, sauf urgence justifiée
Demander une ambulance sans justification médicale alors qu'un VSL suffisaitRemboursement limité au tarif du mode réellement nécessaire
Oublier de vérifier l'accord préalable pour un transport en série ou longue distanceTrajets déjà effectués non remboursés
Choisir un taxi qui n'est pas conventionné avec la caisseAucune prise en charge, quel que soit le motif médical
Perdre le bon de transport avant le trajetNécessité de faire refaire la prescription, retard du remboursement

Le point commun à ces erreurs : elles se règlent toutes avant le trajet, jamais après. Une fois le trajet effectué sans les bons documents, il est rare d'obtenir une régularisation complète.

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Dans quel ordre agir concrètement

  1. Demander le bon de transport au médecin avant le trajet, dès que le rendez-vous ou le traitement est fixé, sauf urgence.
  2. Vérifier avec le médecin si un accord préalable est nécessaire (longue distance, transports en série) et laisser le temps à la caisse de répondre.
  3. Repérer un professionnel conventionné adapté au mode prescrit (taxi conventionné ou VSL) via un annuaire local ou les contacts de son secteur.
  4. Présenter le bon de transport et la carte Vitale au chauffeur le jour du trajet, pour activer le tiers payant s'il est proposé.
  5. Conserver la facture et le bon en cas de contestation du remboursement ou de complément à réclamer à la mutuelle.

Respecter cet ordre évite la situation la plus fréquente de refus de remboursement : un trajet réservé et effectué avant que la prescription, ou l'accord préalable exigé, ne soit en règle.

Questions fréquentes

Qui peut délivrer un bon de transport ?

Le médecin qui suit le patient pour l'affection concernée : médecin traitant, médecin spécialiste ou médecin hospitalier lors d'une sortie d'hospitalisation. Aucun autre professionnel ne peut établir ce document.

Le taxi conventionné coûte-t-il plus cher que le VSL ?

Les deux sont facturés selon des grilles différentes fixées par convention locale avec la caisse primaire. Le choix entre les deux ne dépend pas du prix mais de l'état du patient, c'est le médecin qui tranche sur la prescription.

Que faire si le trajet est urgent et que je n'ai pas de bon de transport ?

En situation d'urgence médicale, le transport peut être engagé sans attendre, la prescription est régularisée après coup par le médecin. Ce n'est pas la voie normale pour un trajet programmé à l'avance.

L'accord préalable est-il obligatoire pour tous les trajets prescrits ?

Non, il ne concerne que certaines situations identifiées par ameli.fr, notamment les longues distances et les transports en série. Un trajet ponctuel et de courte distance n'y est en général pas soumis.

Faut-il une mutuelle pour ne rien payer sur un transport prescrit ?

Pas systématiquement : un patient en ALD pour l'affection concernée peut être pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie. En dehors de ce cas, la part non couverte reste à charge, sauf complémentaire santé.

Peut-on choisir librement son taxi conventionné ou son VSL ?

Oui, le patient choisit le professionnel parmi ceux conventionnés avec sa caisse. La prescription impose le mode de transport (taxi, VSL, ambulance), pas l'entreprise qui l'assure.